musicothérapeutes
Éducation et formation
Processus clinique
Techniques d’intervention
Milieux cliniques
Éducation et formation
Les musicothérapeutes accrédités (MTA) doivent compléter un baccalauréat de 4 ans minimum en musicothérapie suivi d’un internat clinique supervisé de 1000 heures.
Formation universitaire : Le programme universitaire comprend des stages supervisés en milieu de travail et l`apprentissage académique des divers champs de la recherche en musicothérapie, de la musique et de la psychologie.
Internat : Après avoir reçu sa formation universitaire, l’apprenti musicothérapeute complète un internat supervisé de 1000 heures. Durant son internat, le musicothérapeute consolide ses savoirs et ses habiletés en musicothérapie, développe ses compétences avec une ou plusieurs populations cliniques et graduellement assume toute la gamme des responsabilités qui incombent à un musicothérapeute professionnel. Suite à l`internat, l`interne doit soumettre un dossier portant sur sa philosophie de la musicothérapie, son expérience d`internat et une étude de cas. Après l`acceptation du comité de révision d’accréditation, l`interne se voit attribuer le titre de musicothérapeute accrédité, MTA.
Formation Continue: Le développement et la formation d’un musicothérapeute ne se terminent pas par son accréditation. Les MTA doivent maintenir leurs crédits de formation à jour, soit à tous les 5 ans par la formation continue de l`AMC. Les MTA recherchent constamment à faire avancer l’application théorique et pratique des techniques de musicothérapie.
Processus clinique
Le travail clinique comprend la préparation, l’implantation et l’évaluation des programmes de musicothérapie avec les individus concernés et les groupes. Le processus en musicothérapie débute souvent par une référence des professionnels de la santé, des professionnels de l’éducation ou par des individus qui viennent eux-mêmes chercher les services en musicothérapie. Le musicothérapeute complète alors une évaluation en étudiant les dossiers médicaux ou académiques, en recevant en entrevue le client et / ou les membres de sa famille et, étape propre au processus d’évaluation en musicothérapie, en observant les réponses du client face aux techniques de musicothérapie, en groupe ou en sessions individuelles.
En se basant sur ces informations et en tenant compte de l’apport du client, des membres de la famille et des autres professionnels de la santé et de l’éducation, le musicothérapeute établit des buts. Ces derniers sont généralement à long terme et sont atteints dans le temps par la réalisation de petits objectifs à court terme en groupe ou en sessions individuelles. Ce sont ces objectifs, accompagnés de procédures d’intervention et de l`équipement, qui constituent le plan d`intervention que le musicothérapeute met en œuvre.
Après l’implantation du traitement, sur une période raisonnable, le musicothérapeute évalue le plan afin de déterminer si les méthodes d`intervention sont efficaces et si la personne fait des progrès en atteignant les buts et objectifs définis. Le plan de traitement est modifié en conséquence. La thérapie se termine lorsque les objectifs et les buts ont été atteints, quand une personne est libérée d’une institution ou quand une personne ne peut plus bénéficier des services. Durant le processus de traitement, le musicothérapeute documente l’évaluation, note l’évolution, les observations et les recommandations concernant le progrès de la personne. Il y a une communication continue entre le musicothérapeute et la personne qui reçoit les services en musicothérapie, tout autant qu’avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire.
Techniques d’intervention
Les musicothérapeutes utilisent une variété de techniques d’intervention, qu’elles soient actives ou réceptives, selon les besoins et les préférences des individus avec qui ils / elles travaillent.
Ces techniques sont, sans être limitées à celles-ci, énumérées ci-bas :
Le chant est un outil thérapeutique qui aide au développement de l’articulation, du rythme et du contrôle du souffle. Le chant dans un environnement de groupe peut améliorer les habiletés sociales et nourrir une plus grande conscience des autres. Pour ceux qui sont atteints de démence, chanter peut encourager l’émergence des souvenirs et les discussions du passé, tout en réduisant l’anxiété et la peur. Pour les individus qui ont une respiration réduite, chanter peut améliorer les taux de saturation de l’oxygène. Pour les individus qui ont des troubles de langage suite a un AVC, la musique peut stimuler les centres du langage dans le cerveau ce qui incite une meilleure habileté à chanter.
Jouer d’un instrument peut améliorer la coordination de la motricité fine et globalechez les individus qui ont des déficits moteurs ou qui ont des traumatismes neurologiques reliés à un AVC, traumatismes crâniens ou sont atteints d’une maladie. Les ensembles instrumentaux peuvent mettre en valeur la coopération ainsi que l’attention et peuvent fournir les opportunités de pratiquer divers rôles de meneur-participant. Jouer d’un instrument peut inciter ceux qui ont une expérience musicale antérieure à revisiter des habilités qu’ils avaient déjà apprises, permettant ainsi aux individus d’expérimenter un nouveau sens du plaisir. La musique peut également augmenter le bien-être et la confiance en soi pour ceux qui apprennent à jouer d’un instrument pour la première fois.
Les activités basées sur le rythme peuvent être utilisées pour faciliter et améliorer le répertoire de mouvement, la mobilité, l’agilité et la force des articulations, l`équilibre, la coordination, la constance de la démarche et la relaxation d’un individu. Le rythme et la pulsation sont importants pour « apprêter » les régions motrices du cerveau, en régularisant les processus automatiques tels la respiration et le rythme cardiaque, et en maintenant la motivation ou le niveau de l’activité suivant l’arrêt d’un stimulus musical. L’utilisation de motifs rythmiques peut aussi aider ceux qui éprouvent des difficultés réceptives et expressives (aphasie, acouphène) afin d’améliorer leur habileté à tolérer et à traiter l’information sensorielle avec succès.
Improviser offre des moyens créatifs et non-verbaux d'exprimer des pensées et des sentiments. L'improvisation ne donne pas lieu à jugement, est facile d’approche et n'exige aucune formation musicale préalable. En tant que tel, elle aide le thérapeute à établir un rapport trilatéral entre le client, lui-même et la musique. Quand les mots ne suffisent pas ou quand il est trop difficile d'exprimer des émotions, la musique peut remplir ce vide. Là où la confiance et l'interaction avec autrui ont été compromises par abus ou par négligence, l'improvisation offre un moyen sûr de restaurer un contact interpersonnel de qualité. Quand les capacités d'apprentissage sont limitées, la possibilité d'essayer différents instruments, sons musicaux, timbres et médias peut présenter un moyen d’acquisition d'une nouvelle compétence et peut augmenter la joie de vivre.
Composer ou écrire des chansons peut faciliter le partage des sentiments, des idées et des expériences. Par exemple, avec les enfants hospitalisés, l'écriture de chansons est un moyen d’exprimer et de comprendre les craintes. Pour les malades en phase terminale, l’écriture de chansons aide à exprimer des sentiments quant à la signification de la vie et de la mort. Elle peut également présenter un moyen de créer un héritage ou une expérience partagée avec un soignant, un enfant ou une personne chère. Enfin, la discussion lyrique et l’écriture de chansons peuvent aider les adolescents à affronter leurs souvenirs douloureux, traumatismes et abus, et à exprimer les sentiments et les pensées qui sont, normalement, socialement inacceptables, tout en stimulant un sens d’appartenance à un groupe ou à un établissement particulier.
L’imagerie basée sur des expériences, telles que la visualisation et l’imagerie mentale, peut fournir des occasions de réfléchir, d’assimiler et d’interagir avec les éléments conscients ou inconscients qui jalonnent la vie d'un individu. D'autres modalités expressives, telles que le dessin et le mouvement, peuvent être employées en combinaison avec la musique.
Écouter de la musique a beaucoup d'applications thérapeutiques. L’écoute aide à développer des habiletés cognitives telles que l'attention et la mémoire. Par exemple, elle permet à ceux qui subissent des interventions chirurgicales d’avoir une occasion d'exercer un peu de contrôle sur un environnement souvent imprévisible. Pendant la grossesse, l'écoute de la musique peut développer un lien entre l'environnement utérin et l'environnement externe juste après l’accouchement. Pendant l’accouchement, écouter de la musique peut faciliter les différentes étapes en favorisant la relaxation et en distrayant la parturiente. Dans les situations où les perceptions cognitives sont compromises, comme dans les cas de démence légère ou moyenne, écouter de la musique peut apporter une sensation familière et améliorer le rapport à la réalité. Pour ceux souffrant de maladies mentales comme la schizophrénie ou le désordre bipolaire, l'écoute de la musique peut accroître l’ouverture à la discussion et fournir la motivation nécessaire pour s'engager dans l'activité sociale.
Milieux cliniques
Les musicothérapeutes travaillent dans différents cadres cliniques. Voici une liste non exhaustive des lieux où vous pourriez rencontrer un musicothérapeute :
- Hôpitaux
- Programmes de traitement de jour
- Programmes communautaires
- Centres correctionnels
- Centres de soins de longue durée
- Centres de toxicomanie
- Écoles
- Hospices
- Pratique privée